dimanche 21 avril 2013

Gran Paradisio

Une quinzaine de jours plus tôt, mon frangin me proposait de partir faire le Grand Paradis avec lui. Mais la météo aidant une petite baisse de motivation, je ne m'étais pas joins au groupe. Après voir vu les photos, la frustration m'a gagnée. La semaine d'après , mon ami Lolo me demandait si j'avais une idée de sortie sur plusieurs jours en ski de rando sympa et pas trop dur. Je lui suggérais alors le Grand Paradis, en regardant à nouveau les belles images de Titou, mais il l'avait déjà fait. La semaine d'après, après défection d'une amie, Lolo me proposait de le rejoindre, pour une sortie entre mecs. Le temps s'annonçait splendide, la boucle était bouclée.


Nous voici partis le samedi matin 13 à 6h du matin de Grenoble, avec Gilles, Loul', Lolo et moi, direction St Gervais pour récupérer Tony, puis filer sur Pont, au fond de la vallée du Gran Paradisio, voisine du Val d'Aoste, en Italie. Les skis chaussés à 11h, direction le refuge Victor Emmanuel II. Arrivé vers 13h, on repart après un petit pique-nique pour quelques centaines de mètres de déniv' en plus sous le col entre la Tresenta et le Ciarforon. Le lendemain, alors que les plus de 60 personnes sont déjà à l'assaut du Grand Paradis, on se dirige vers son col pour une petite boucle dans les vallées du Piémont. Après une grosse sieste,  un bon repas au refuge et une nouvelle nuit, nous partons à notre tour pour le Gran Paradisio. La redescente se fait en direction du refuge Chabot, sous les séracs. La vue du refuge est nettement plus impressionnante, et la vision du chemin de montée nous fait prendre en pitié les futurs candidats, qui auront dès le départ une vue de ce qui les attend. Et il se trouve que j'en connais au moins trois. Par un hasard fou, je me retrouve au même refuge le même soir avec mes compères -M-, Bobo et Yannick, qui font un raid de 5 jours dans le coin. Nous, nous ferons le chemin qu'ils auront fait la veille, en montant sur le col du Grand Neiron et son bivouac pour le chemin du retour vers la vallée. Une superbe balade, avec une météo au top, et des compagnons de cordée supers.

Départ de Pont, avec la vallée du Grand Paradis, et la montée au refuge Victor Emmanuel II à gauche, au dessus des sapins.


Vue en dessous de la Tresenta vers le Mont Blanc.

La face sud du Grand Paradis.

Skis au garde-à-vous au refuge Victor Emmanuel II.


Col du Grand Paradis.

Vue du col du Grand Paradis, la vue n'est pas pire...  (cliquer sur l'image pour agrandir)
Balade au rythme des avalanches.
Première partie de remontée vers le col après une super descente.
Capanna Ivrea, coquet bivouac à 9 places, au milieu de nulle part. (Cliquez sur le pano pour agrandir)

Tony à son arrivée au Bivouac
Si si, on peut tenir à 9.
Longue remontée en plein cagnard vers le col du Grand Paradis.

Petit bout de rappel pour dire de ne pas avoir pris la corde et les baudards pour rien.
Séances étirements, séchage, bronzage et surtout sieste.
Et rien de tel qu'une petite bière pour accompagner la coinche.



L'esthétique silhouette du refuge VEII.
Et le même refuge au petit matin. (Cliquez sur le pano pour agrandir)
Le Refuge depuis la voie normale pour le Grand Paradis.
On troc les skis pour les crampons, la neige ayant été bien soufflée.
La madone du Grand Paradis et son cortège de pèlerins.
4 pelés et un tondu sous le Grand Paradis.

Alpes Suisses: Cervin, Mont Rose, etc...

Mont Viso en arrière plan à droite.

Refuge Chabot, Bobo, Yannick et -M- sur le départ.
Les nuages recouvrent les 4000 des alpes, mais le soleil n'est pas loin.

Rampe du Col Neiron...
...Son bivouac (4 ou 6 places),  et son arrête pour rejoindre la pente de neige à droite.
La dernière descente vers la vallée.

Le denier pique-nique, en attendant Loul', parti cherchez la voiture à Pont.


Jour 1: Pont (1960 m) - Refuge Victor Emmanuel II (2770 m) - Col sous la Tresenta (3350 m). 1400 m de D+

Depuis Pont, la montée est clairement indiquée. Après une courte partie dans les mélèzes, on passe un petit ressaut un peu plus raid ou l'utilisation des couteaux permet une progression plus sereine. La fin vers le refuge est évidente, en restant sur l'éperon.

Jour 2: Refuge Victor Emmanuel II (2770 m) - Col du Grand Paradis (3345 m) - Boucle par le Val del Gias della Losa - Bivouac de la cabane Ivrea (2270 m)- Col et refuge. 1600 m de D+

On monte directement au col du Grand Paradis plein Est par rapport au refuge. Les derniers mètres sous le col se font assez facilement à pieds en tirant le plus au nord possible. De l'autre côté, la vue est superbe avec tout le glacier à nos pieds, promesse d'une belle bavante lorsque l'on remontera au col sur celui-ci. La descente se fait en sud-est, par de belle pente en neige dure à légèrement transformée à 9h00 du matin. On remonte plein nord en direction de la cabane Ivrea. Elle offre l'unique abri ombragé à 12h pour le pique-nique. La remontée vers le col se fait par le glacier, de croupe en croupe, et assez éloigné des falaises pour éviter les nombreuses chutes d'avalanches. Le passage du col peut se faire cette fois légèrement plus au sud, avec un léger rappel dans un petit pierrier assez pentu avant une belle pente, puis les replats avant le refuge.


Jour 3: Refuge Victor Emmanuel II (2770 m) - Sommet du Grand Paradis (4061 m)- Refuge Chabod (2760 m). 1450 m de D+

La montée vers le sommet est une autoroute à 1 voie, bien tracée par les précédents. Certains passage mérite d'avoir les couteaux, et les 200 derniers mètres les crampons. Les plus aguerris pourront tenté de monter jusqu'à 50 m du sommet avec les skis. Il est conseillé de partir tôt (ou d'être rapide) pour éviter la cohue au sommet. La redescente sur le refuge chabot se fait entre les séracs et les crevasses, attention donc, restez vigilant. L'avantage de cette descente, c'est de conserver de nombreuse zone de poudreuse agréable à skier en face nord/nord-ouest.

Jour 4: Refuge Chabot (2760 m) - Col et Bivouac du Neiron (3400 m) - Vallée (1600 m). 750 m de D+

La montée au col est bien évidente, indiquée par l'intersection entre la grande ligne de falaise au nord du refuge et l'arête descendante du pic juste au dessus. Un petite corniche neigeuse (avec un bout de cable) mérite de mettre les crampons par neige dure. La redescente du col est atteinte après une petite course d'arête de 50 m, juste ce qu'il faut pour une petite ambiance aérienne. Une fois les premières belles pentes avalée, on redescend par le fond de vallon, en rive gauche. Cela implique de remonter vers une cabane au dessus d'une falaise longeant la rivière. Par forte chaleur, il est prudent de ne pas se laisser retenter par un repeautage pour une descente en poudre de plus. En dessous du hameau, priez pour que la neige porte. Ça vous évitera les pires 60 cm de neige de votre vie.


Encore un superbe coin à parcourir, entre sommets et vallons, avec en pointe de mire le Gran Paradisio. A refaire, avec une autre petite boucle comme les copains rencontrés au refuge Chabot. L'avantage de notre balade, c'est d'avoir évité les grands mouvement de foule, d'avoir pu descendre toujours dans des faces nord ou juste transformées, avec de bonne qualité de neige, et surtout d'éviter la vue de la montée sur le Grand Paradis du refuge Chabot , beaucoup plus décourageante, mais nettement plus belle avec la glace apparente. 


Crédits photos: Loul' et Tonio

dimanche 6 janvier 2013

Les couloirs de Cervière.

 
Fin 2011, après des traces d'anthologie dans les vallons de la Grave, rendez vous est pris de retourner skier du côté des Hautes-Alpes pour la fin 2012. C'est notre GO de charme et de choc Marie qui s'y recolle pour le plus grand plaisir de ses amis. Et cette fois, ce sera à côté du Monêtier-les-Bains. Avec du Bonheur dans le malheur ou l'inverse, ce sera une semaine de ski de rando sous un ciel bleu uni, à peine entrecoupé d'une petite dizaine de centimètres de neige pour le 1er Janvier et une session de hors piste à Puy-Saint-Vincent. Avec les dernières chutes de neige datant d'au moins une semaine, il a fallu les services d'un guide à la finesse légendaire pour trouver les terrains de jeux qui "iraient bien"...


C'est du côté de Cervière que toute la fine équipe jettera son dévolu et au gré des nounous, des motivations et de la fatigue que le groupe de rando évoluera... 
   
Jour 1 pas pire devant les crêtes des Granges. De gauche à droite: Le colonel, Laurence, Laurent, Chacha la prof de Chachacha, ferme et virile, Tonio, Seb le grand, Fredo et Pierrot.
Jour 2: Une équipe haute en couleurs, du tshirt vert aux peaux oranges ou l'inverse en passant par le bonnet rose et la casquette verte. Et on me dira qu'elle n'est pas belle ma casquette...
Du col de Chaude Maison près pour la descente: Marion, Laurent, Elise, Hélène, Tonio, Fredo, Seb et Pierrot.

Fredo et Tonio sous l'Arpelin avec le col perdu pour objectif.
L'équipe du jour avec Marion, Pierrot, Laurent, Hélène et Fredo devant le bois de la Ravée.

Pause tomme/saucisson/pain/thé devant le col de Chaude Maison.

Vue de la montée depuis le roc sous le pic Ouest de Côte-Belle et la descente en légère transfo de l'Arpelin.
Pierrot à l'assaut de la poudre dans la combe devant le pic de Rochebrune.

Trace de montée et descente sous le pic Ouest depuis les pentes nord de l'Arpelin.


Pub Colgate!

Un autre journée sur les pentes de l'Arpelin avec d'autres. Si Seb est allongé, c'est parce qu'il ne se sentait pas bien.

Descente pas du tout "loose" low tech avant de remonter sur les crêtes de la Lause.
Des crêtes de la Lause avant de basculer sur la face nord pour rejoindre le hameau de Terre Rouge.
Certains l'appellent "coulage de bielle", d'autre "pause photo".
Couloir d'avalanche descendant sur Terre Rouge et Pierrot qui serre les fesses pour que ça ne parte pas... 4 litres avec une olive.

 

Jour 1: Montée sous le petit Peygu, au point 2426 (700m D+): 

Du parking le Laus, on monte par la combe de Malazen, on rejoint la crête au sud avant de remonter la combe sous le petit Peygu par l'arête pour repérer les entrées de couloir. La gourmandise nous pousse à faire 300 m de plus  après avoir descendu une première fois un couloir en excellente condition dans la face nord.

Jour 2: Boucle par le col de Chaude Maison (2825m) et retour par le chemin des Fonds de Cervière (1100m D+):

Du parking, remonter les pistes de ski de fond jusqu'au bout de la piste dans le ravin des Oules puis prendre le chemin dans les bois ou la combe clairsemée jusqu'au col de Chaude Maison. La redescente se fait prudemment en direction du point 2676 puis par le verrou raide en direction du lac de l'Etoile. On rejoint par la combe, puis le pont et la piste, le hameau le Bourget. Une petite remontée sur les pentes sud au dessus du hameau permet de faire du rab et d'éviter le plat et la remontée avant de basculer sur Cervière. 

Jour 3: On remet ça avec Lolo, Lili, Marion et Elise dans les couloirs sous le petit Peygu. 

Jour 4: Sortie Hors piste dans la combe de Narreyroux à partir des pistes de Puy-Saint-Vincent.

Jour 5: l'Arpelin (2604m) par le refuge Napoleon et le col Perdu (860m D+): 

Du parking de Laus, on monte par la route en direction du col d'Izoard en coupant les épingles au maximum. Au refuge Napoléon, se diriger vers le col Perdu par le fond de vallon puis 3 croupes successives. On rejoint ensuite le sommet de l'Arpelin par la crête. Après une première redescente sous le col Perdu, on rejoint le bas de la banane qui mène sous le pic Ouest de Côte Belle.
Après avoir un peu lutté sous les rochers au point 2615, on bascule de l'autre côté dans une autre combe un peu chargée. On rejoint le bois des Oules. Pour les plus motivés, on rajoute 250m de D+ de montée dans un couloir pour rejoindre le point 2391 sous l'Arpelin pour redescendre un autre couloir. On rejoint le parking par les pistes de skis de fond.

Jour 6: On change d'équipe pour plus de finesse et on écume les derniers couloirs de l'Arpelin encore vierge avec tout la vigueur possible... Parfois jusqu'à épuisement...

Jour 7: Boucle des Crête de la Lause par la combe de Malezen et le hameau de Terre Rouge (1000m D+): 

Pour les derniers survivants, on part sous les encouragements de Nico, le local de l'étape pour une dernière virée. On remonte la combe de Malezen à mach 12 en enrhumant 5 promeneurs(voir jour 1 et 3), puis on bascule sur la face ouest pour rejoindre le Bosquet. On remonte sur la crête de la Lause puis on bascule sur la face nord pour rejoindre la combe de Comaire que l'on traverse vers 2200m. On suit ensuite la face ouest à niveau pour rejoindre la combe au dessus de Terre Rouge. Attention aux barres rocheuses et aux risques de coulées de neige.

Recommandations pour les prochaines sorties:
-Ne pas oubliez ses cales de montée en twelve (cf photo ci dessous);
-Ne pas croire les brothers quand ils veulent y aller molo;
-Si Chacha met le zouk dans la poudreuse, rester ferme et viril et lui imposer des skis d'approches.
-Toujours avoir une bonne Goretex, même par beau temps, car la bave de cous les crapauds qui nous entourent pourraient nous atteindre...

Spéciale dédicace pour ma prof de danse.
Voilà une bonne petite semaine de ski dans des paysages magnifiques, avec de bonnes descentes, les copains, les jeux, le jour de l'an, de la bière, du fromage et plein de bon petit plats le soir au coin du feu... Que demander de plus après 2013, l'année de la Neize? On remet ça en 2014? 

Crédits photos: Hélène,Tutur et Tonio

lundi 12 novembre 2012

Highlands and Scottish Way of Life



Début Août, lors d'un regroupement de copains dans le sud de la France, alors que la température extérieure atteignait facilement les 30 degrés, voilà Greg qui me demande ou l'on va se promener en Automne... Là, sans réflexion, je lui réponds par une interrogation pour savoir quand notre copain Max commence son nouveau job en Grande Bretagne? "-Début septembre." Deux secondes de réflexion plus tard, je lui proposais de se faire une grosse rando en Ecosse et de profiter de la balade pour aller visiter notre ami fraîchement débarqué là-bas, histoire de voir son établi était déjà installé. Début Septembre, je recevais un mail me proposant un départ pour Édimbourg pour le 15 septembre. Outre ce concours de circonstance, l'occasion de voir un pote et de faire un tour du côté de Nottingham, l'Ecosse, c'est quand même tout un symbôle. Ses lochs et ses landes, ses kilts et cornemuses, ses vaches et moutons, sa météo et ses immortels MacLeods. 

Un imaginaire riche et attirant pour une des régions les plus sauvage d'Europe... Et c'est peut dire. Pour une fois, c'est Greg qui se charge de l'itinéraire. L'idée est de rejoindre Cape Wrath à la pointe ouest de l'Ecosse par l'itinéraire le plus sauvage possible en autonomie totale.



Qui dit autonomie totale dit aussi un peu de matériel pour une dizaine de jours. Une trentaine de plats lyophilisés pour les petits déjeuners et les 2 repas par jours. Ca semble énorme sur le début, mais il faut ça avec les 25 à 30 bornes prévues par jour, dans un terrain pas toujours super sec et lisse et des sacs de 20kg.

Nous voilà en route pour Édimbourg, non sans quelques soucis de cartouches de gaz à Marignane. Premier coup de stress vite estompé, une gentille suédoise vivant en Ecosse nous confirme que les magasins sont ouverts le dimanche. Nous devrions pouvoir trouver des cartouches de gaz sur place... Pour enfoncer le clou, l'avion arrive avec du retard, nous ratons la dernière navette express pour le centre ville à cause de Greg qui voulait retirer des sous. Nous arriverons donc après la fermeture de notre auberge. Damn it!!! L'avantage, c'est qu’Édimbourg est une ville étudiante plutôt animée, j'en veux pour preuve le nombre de gens passablement éméchés que nous croiserons dans les rues. Avec nos maisons sur le dos, on fait tâche (enfin surtout Greg). Après une courte nuit dans une auberge de jeunesse, ponctuée par les va et vient des ronfleurs/bourrés dans les chambres, la chance tourne. On trouve nos cartouches de gaz après 3 magasins, on arrive à laisser des affaires dans une consigne et à prendre notre train à temps pour Inverness puis les Highlands...

Bruyères et arc-en-ciel à Achnashellach‎

Le précédent billet se terminait par une petite remarque que l'on pourrait refaire ici sur notre époque. En un peu moins de 24h portes à quai, nous sommes passé d'un quartier animé de Marseille à Achnashellach‎ , un hameau au beau milieu de nul-part, ou il a fallut demander au chauffeur du train de s'arrêter pour pouvoir descendre à cette arrêt. Achnashellach‎ (je vous mets au défi de le prononcer correctement, et encore plus de se faire comprendre par quiconque une fois sur place) est en fait un regroupement de 3 maisons sur la ligne de chemin de fer entre Inverness et Dornie , près du loch Dughaill. C'est une cinquantaine de mètre plus haut que nous passerons notre première nuit, au milieu des bruyères et sous une petite pluie, attaqué par des midges...


Jour 1: Doute sur l'itinéraire près de Loch Coulin... Heureusement les vaches sont là pour aider Greg dans la lecture de la carte.


Jour 2: Quelque part en aval de Lochan Fada. A ce stade, je tiens à préciser que Greg est un grand amateur de panoramique et que tous sont fait par ses soins (cliquer sur l'image pour la voir en grand).
Traversée de rivière en direction du Loch Na Sealga, un peu avant des trombes de grêle...

3 eme bivouac en aval du Loch Coire Chaorachain.

Jour 4: Au dessus de Allt Gleann Chaorachain et vue sur Little Loch Broon.

Entre Loch An Airceil et Loch Nan Eun.

4eme bivouac au milieu de nul-part. Grandiose au levé du soleil...
... Quoiqu'un peu frais dans l'ensemble! On aura l'occasion de voir des cerfs et des biches en pagaille. Et les chasseurs qui vont avec.

Jour 5: Loch an Daimh. Premier jour de grand soleil, et l'occasion de faire sécher la tente un poil humide pendant la pause de midi.

Fin du jour 5, près de Ullapool, rejoint en stop pour racheter une cartouche de gaz.

Là encore, chance, on est pris immédiatement en stop près de Oykel Bridge par un randonneur et on arrive au moment ou le patron du magasin ferme la porte à clef. Après un grand sourire en lui montrant notre bouteille de gaz vide, il nous en vend une... ouf!!! Pour l'anecdote, l'un des avantages de partir en rando avec un vieux, c'est qu'il attire les mères célibataires. Cela nous permettra de rejoindre Inchnadamph, près du Loch Assynt, dans la soirée et de profiter d'un superbe couché de soleil pendant le teatime de la mère et du fils qui nous auront pris en stop. Pour info, le loch Assynt est le loch de la célèbre famille MacLeod déjà mentionnée auparavant. Avec son château en ruine Ardvreck Castle et tout et tout... Toute la nuit, je n'ai pensé qu'à cette phrase: "Il ne peut en rester qu'un!". Inutile de dire que Greg était inquiet quant à mon regard au petit matin... 

Jour 6: Loch Fleodach Coire avant le lunch, le vent et la pluie.
Les Highlanders sous une pluie fine.

Loch Glencoul et vieux manoir.
7eme nuit: Couché de soleil sur Glencoul au manoir.
La cheminée que nous n'arriverons pas à allumer, le papier étant très humides. Tant pis, on se contera de ne pas avoir à monter la tente.
 A ce stade, il est utile de préciser que l’Écosse est parsemé de petits refuges appelé Bothies. Il s'agit de vieilles bâtisses typique de la région, retapées par la Moutain Bothies Association avec l'accord des propriétaires. A noter que ces cabanes, gratuites d'accès sont plus ou moins en bonne état, avec parfois un petit stock de bois, mais toujours un toit, quelques revus, des cartes du coin et l'outillage minimal (pelle, scie, balais) et parfois des cartouches de gaz et un peu de nourriture. Sans parler du caractère historique de certaine, c'est l'occasion de se poser au sec, bien souvent dans un coin perdu et magnifique. On ne répètera jamais assez qu'il faut prendre soin de ces refuges car mis à la disposition de tous et gratuitement. Et c'est valable dans nos Alpes. Merci donc des les laisser propre et ranger, quitte à enseigner ça à votre voisin d'une nuit. 

Jour 7: Loch Glendhu. Encore une journée ensoleillée.

Bothy Glendhu avec un beau glandu devant...
Toujours jour 7: après Achfary, au bord du Lock Stack


He's a poor lonesome walker...
Jour 8: Greg, heureux de voir la mer. Là, on sent que l'on se rapproche de l'objectif final. Au loin, on distingue Sandwood Bay.
Nuit 9: dernier bothy avant Cape Wrath.

Jour 9: Quelques pas avant la plage.
Here we are... Ou presque.
Sandwood beach, son sable, ses rochers, son monolythe, et personne d'autres...
Dernière mois, l'objectif de la rando: Cape Wrath, à quelques heures de marche.
Il faut savoir que les lieux peuvent être dangereux, car appartenant à la royale armée de sa Majesté. Heureusement, j'avais emporté un Gre(tch)g démineur avec moi.
Cape Wrath et son phare. Nous y sommes enfin arrivés, sous une pluie battante, trempés presque jusque au os. Heureusement, on pourra prendre un thé chaud auprès du gardien des lieux.
Last but not least, dernier mais au combien royal bothy dans Kearvaig Bay.
10 eme nuit: Avec bois et papier sec, banc, de quoi sécher les affaires. Le top.

Et la mer avant le grand Nord. Assez grandiose, bien qu'avec un fond de l'air et de l'eau assez frais.

Après une journée humide et un peu de découragement lorsque l'on a appris qu'il n'y aurait pas de navette pour traverser le canal, un peu de lecture au coin de la cheminée et tous ces petits soucis s'envolent en fumée.
Jour 10: le canal que nous ne pourrons pas traverser à cause d'un vent trop important.
La balade se terminera sur la route de Durness, après avoir quitté le chemin menant au débarcadère. Encore une grosse quinzaine de kilomètres dans la lande. Pour le retour, ce sera du stop jusqu'à Inverness puis à nouveau le train pour Édimbourg puis Nottingham.

Topo: 10 jours, 240 km, entre 300 et 800 m de D+ par jours. 


L'un des gros avantages de l'Ecosse, c'est de ne pas avoir de sentier de grande randonnée comme nous en avons en France. Du coup, chacun est assez libre d'établir son propre itinéraire. Des sites très bien foutus comme Walkhighlands permettent de voir des exemples d'itinéraires et de confectionner le sien. Voici un aperçu de l'itinéraire, mais je ne le détaillerais pas, les infos ci-dessus sont de bonnes indications. N'hésitez pas non plus à envoyer un message ou à demander des infos complémentaires.


J'encourage d'ailleurs les gens à se faire leur propre itinéraire afin de pouvoir pleinement profiter de l'aventure. Il faut quand même garder en tête deux ou trois choses:

-Nous n'avons croiser aucun panneau pendant toute la rando. Mieux vaut donc être habitué à la lecture de carte et savoir s'orienter, parfois dans des conditions météos déplorables. Rassurez vous cependant, ça a beau être sauvage, ce n'est pas insurmontable, les rivières, les sommets et les quelques routes offrent quand même de bon repère. 

-Les terrains et les chemins varient en qualité de manière assez brutal. Vous êtes sur un chemin forestier large et sec et la seconde d'après, vous pouvez vous retrouver avec des marais et des vasques d'eau. Donc adapté votre itinéraire à votre niveau.

-Pensez au bothies pour ceux pour qui la tente est plus un calvaire qu'un plaisir ou pour ceux qui ont le dos sensible. Tout est sur le site de Moutain Bothies Association. Encore une fois, prenez le temps de lire les recommandations et le code de l'utilisation des bothies, c'est souvent une question de bon sens, mais les respecter est vital pour que ceux qui marcheront sur vos pas en profitent aussi. 

-Pour l'eau, pas vraiment de soucis en fait. Il pleut régulièrement, et le nombre de ruisseau est hallucinant. Prenez quelques pastilles pour désinfecter l'eau, et la faire bouillir suffira la plus part du temps pour éviter les soucis.

-La haute saison, c'est à dire le pic de fréquentation se situe entre mi Juin et mi Aout. Cela correspond aussi au pic de Midges, ces petites bêtes qui chassent en nuage et qui sont la hantise du bivouaqueur. Nous en avons eu 2 soirs, donc pas de quoi fouetter un chat, mais c'est suffisamment pénible pour contraindre à manger sous la tente. Le mois de septembre est un peu plus pluvieux, mais offre l'avantage de ne rencontrer personnes. En moyenne 1 à 2 personnes par jour. 
Attention: savoir que du 15 septembre au 15 Octobre, c'est la période de la chasse au cerf. Privilégier donc des tenus voyantes. 

-Pour les tenus et les sacs, une bonne Goretex, un pantalon Goretex et un sursac sont indispensables, la cape de pluie peut être conseillée pour le confort lors des grosses pluies. En revanche, pensez à bien compartimenter vos sacs avec des sacs en plastique. 

-Les zones pour les bivouacs ne sont pas forcément légions, surtout sur les plateaux, gorgés d'eau. Privilégier les bras de rivières avec un sol bien sec et un peu sur élevés pour éviter les surprises en cas d'orage.

-Pour les intéressés, il existe une navette qui permet de faire Cape Wrath/Durness. Il faut réserver, mais celle-ci reste tributaire de la météo sur le canal. 
 
 Crédit photos: Greg (pour les panos) et Tonio