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dimanche 21 avril 2013

Gran Paradisio

Une quinzaine de jours plus tôt, mon frangin me proposait de partir faire le Grand Paradis avec lui. Mais la météo aidant une petite baisse de motivation, je ne m'étais pas joins au groupe. Après voir vu les photos, la frustration m'a gagnée. La semaine d'après , mon ami Lolo me demandait si j'avais une idée de sortie sur plusieurs jours en ski de rando sympa et pas trop dur. Je lui suggérais alors le Grand Paradis, en regardant à nouveau les belles images de Titou, mais il l'avait déjà fait. La semaine d'après, après défection d'une amie, Lolo me proposait de le rejoindre, pour une sortie entre mecs. Le temps s'annonçait splendide, la boucle était bouclée.


Nous voici partis le samedi matin 13 à 6h du matin de Grenoble, avec Gilles, Loul', Lolo et moi, direction St Gervais pour récupérer Tony, puis filer sur Pont, au fond de la vallée du Gran Paradisio, voisine du Val d'Aoste, en Italie. Les skis chaussés à 11h, direction le refuge Victor Emmanuel II. Arrivé vers 13h, on repart après un petit pique-nique pour quelques centaines de mètres de déniv' en plus sous le col entre la Tresenta et le Ciarforon. Le lendemain, alors que les plus de 60 personnes sont déjà à l'assaut du Grand Paradis, on se dirige vers son col pour une petite boucle dans les vallées du Piémont. Après une grosse sieste,  un bon repas au refuge et une nouvelle nuit, nous partons à notre tour pour le Gran Paradisio. La redescente se fait en direction du refuge Chabot, sous les séracs. La vue du refuge est nettement plus impressionnante, et la vision du chemin de montée nous fait prendre en pitié les futurs candidats, qui auront dès le départ une vue de ce qui les attend. Et il se trouve que j'en connais au moins trois. Par un hasard fou, je me retrouve au même refuge le même soir avec mes compères -M-, Bobo et Yannick, qui font un raid de 5 jours dans le coin. Nous, nous ferons le chemin qu'ils auront fait la veille, en montant sur le col du Grand Neiron et son bivouac pour le chemin du retour vers la vallée. Une superbe balade, avec une météo au top, et des compagnons de cordée supers.

Départ de Pont, avec la vallée du Grand Paradis, et la montée au refuge Victor Emmanuel II à gauche, au dessus des sapins.


Vue en dessous de la Tresenta vers le Mont Blanc.

La face sud du Grand Paradis.

Skis au garde-à-vous au refuge Victor Emmanuel II.


Col du Grand Paradis.

Vue du col du Grand Paradis, la vue n'est pas pire...  (cliquer sur l'image pour agrandir)
Balade au rythme des avalanches.
Première partie de remontée vers le col après une super descente.
Capanna Ivrea, coquet bivouac à 9 places, au milieu de nulle part. (Cliquez sur le pano pour agrandir)

Tony à son arrivée au Bivouac
Si si, on peut tenir à 9.
Longue remontée en plein cagnard vers le col du Grand Paradis.

Petit bout de rappel pour dire de ne pas avoir pris la corde et les baudards pour rien.
Séances étirements, séchage, bronzage et surtout sieste.
Et rien de tel qu'une petite bière pour accompagner la coinche.



L'esthétique silhouette du refuge VEII.
Et le même refuge au petit matin. (Cliquez sur le pano pour agrandir)
Le Refuge depuis la voie normale pour le Grand Paradis.
On troc les skis pour les crampons, la neige ayant été bien soufflée.
La madone du Grand Paradis et son cortège de pèlerins.
4 pelés et un tondu sous le Grand Paradis.

Alpes Suisses: Cervin, Mont Rose, etc...

Mont Viso en arrière plan à droite.

Refuge Chabot, Bobo, Yannick et -M- sur le départ.
Les nuages recouvrent les 4000 des alpes, mais le soleil n'est pas loin.

Rampe du Col Neiron...
...Son bivouac (4 ou 6 places),  et son arrête pour rejoindre la pente de neige à droite.
La dernière descente vers la vallée.

Le denier pique-nique, en attendant Loul', parti cherchez la voiture à Pont.


Jour 1: Pont (1960 m) - Refuge Victor Emmanuel II (2770 m) - Col sous la Tresenta (3350 m). 1400 m de D+

Depuis Pont, la montée est clairement indiquée. Après une courte partie dans les mélèzes, on passe un petit ressaut un peu plus raid ou l'utilisation des couteaux permet une progression plus sereine. La fin vers le refuge est évidente, en restant sur l'éperon.

Jour 2: Refuge Victor Emmanuel II (2770 m) - Col du Grand Paradis (3345 m) - Boucle par le Val del Gias della Losa - Bivouac de la cabane Ivrea (2270 m)- Col et refuge. 1600 m de D+

On monte directement au col du Grand Paradis plein Est par rapport au refuge. Les derniers mètres sous le col se font assez facilement à pieds en tirant le plus au nord possible. De l'autre côté, la vue est superbe avec tout le glacier à nos pieds, promesse d'une belle bavante lorsque l'on remontera au col sur celui-ci. La descente se fait en sud-est, par de belle pente en neige dure à légèrement transformée à 9h00 du matin. On remonte plein nord en direction de la cabane Ivrea. Elle offre l'unique abri ombragé à 12h pour le pique-nique. La remontée vers le col se fait par le glacier, de croupe en croupe, et assez éloigné des falaises pour éviter les nombreuses chutes d'avalanches. Le passage du col peut se faire cette fois légèrement plus au sud, avec un léger rappel dans un petit pierrier assez pentu avant une belle pente, puis les replats avant le refuge.


Jour 3: Refuge Victor Emmanuel II (2770 m) - Sommet du Grand Paradis (4061 m)- Refuge Chabod (2760 m). 1450 m de D+

La montée vers le sommet est une autoroute à 1 voie, bien tracée par les précédents. Certains passage mérite d'avoir les couteaux, et les 200 derniers mètres les crampons. Les plus aguerris pourront tenté de monter jusqu'à 50 m du sommet avec les skis. Il est conseillé de partir tôt (ou d'être rapide) pour éviter la cohue au sommet. La redescente sur le refuge chabot se fait entre les séracs et les crevasses, attention donc, restez vigilant. L'avantage de cette descente, c'est de conserver de nombreuse zone de poudreuse agréable à skier en face nord/nord-ouest.

Jour 4: Refuge Chabot (2760 m) - Col et Bivouac du Neiron (3400 m) - Vallée (1600 m). 750 m de D+

La montée au col est bien évidente, indiquée par l'intersection entre la grande ligne de falaise au nord du refuge et l'arête descendante du pic juste au dessus. Un petite corniche neigeuse (avec un bout de cable) mérite de mettre les crampons par neige dure. La redescente du col est atteinte après une petite course d'arête de 50 m, juste ce qu'il faut pour une petite ambiance aérienne. Une fois les premières belles pentes avalée, on redescend par le fond de vallon, en rive gauche. Cela implique de remonter vers une cabane au dessus d'une falaise longeant la rivière. Par forte chaleur, il est prudent de ne pas se laisser retenter par un repeautage pour une descente en poudre de plus. En dessous du hameau, priez pour que la neige porte. Ça vous évitera les pires 60 cm de neige de votre vie.


Encore un superbe coin à parcourir, entre sommets et vallons, avec en pointe de mire le Gran Paradisio. A refaire, avec une autre petite boucle comme les copains rencontrés au refuge Chabot. L'avantage de notre balade, c'est d'avoir évité les grands mouvement de foule, d'avoir pu descendre toujours dans des faces nord ou juste transformées, avec de bonne qualité de neige, et surtout d'éviter la vue de la montée sur le Grand Paradis du refuge Chabot , beaucoup plus décourageante, mais nettement plus belle avec la glace apparente. 


Crédits photos: Loul' et Tonio

jeudi 8 novembre 2012

Tour du Mont Collon - Valais Suisse

Mont Collon dans la montée au refuge des Vignettes.
 Cela faisait longtemps que je n'étais pas aller faire un peu d'Alpi, donc quand les copains ont parlé de se faire un truc ensemble cet été, ça m'a bien motivé. Après quelques recherches de topos, nous sommes partis pour une boucle au départ d'Arolla en Suisse. Départ donc de Grenoble le 13 Août 2012 pour Arolla.

Vallée d'Arolla
Levé de soleil sur le pic de l’Évêque

Avant dernière partie en neige avec vue sur le pic Blanc en haut à gauche.

Dernière portion avant le sommet du Pic de l’Évêque

Lolo, Tonio, Pierro au top de leur forme et de l’Évêque

De gauche à droite: Tête de Valpeline, dent d'Hérens, Mont Brûlé( à droite de l'arête).

Refuge des Bouquetins vu des toilettes, en espérant qu'il y aura a nouveau une porte dans un futur proche...

Glacier d'Arolla bien sec.

Pierro au fourneau dans le refuge des bouquetins.

Col et Pic de l’Évêque. La descente se fait par la gauche du glacier avec de nombreuses crevasses à franchir.
Depuis la pointe Marcel Kurz

Dent Blanche, Tête Blanche, Col et Tête de Valpelline

Pierro depuis le Mont Brûlé avec la Dent d'Hérens et un bout du Cervin en arrière plan.

Passage près du col du Mont Brûlé avec l’Évêque au fond

Refuge Berthol
Dent Blanche
Pause repas au chaud tandis que le ciel se dégage.

Les zozos avec les traits un peu tirés. J'hésite entre la fatigue accumulée et le levé à 4h du matin.

Pigne d'Arolla et Soleil descendant

Retour sur la terre sèche et Pigne d'Arolla.


Jour 1: Arolla-Refuge des Vignettes.  

Montée tranquille au dessus d'Arolla jusqu'au glacier de Pièce ou l'on sort les crampons pour rejoindre le refuge 4 étoiles des Vignettes. Coup de chance ce soir là, nous n'étions pas plus d'une trentaine, soit 2 groupes par dortoirs. Encore faut-il avoir ses boules quies.

Jour 2: Refuge des Vignettes - l'Evèque - Refuge des Bouquetins.

Superbe traversée du glacier sous la face nord du petit Mont Collon. La première partie de la montée jusqu'au col sous la face nord de l'Evèque n'est pas difficile mais demande de faire gaffe avec des crevasses béantes. La partie la plus dure pour moi a été la redescente sur le Malakoff (Marie TM). La ou nous avons tricoté le plus a été dans la descente du col de l'Evèque vers le col Colon, le glacier étant très ouvert, nous contraignant a enjamber de nombreuses Crevasses. D'ailleurs le soir du jour 3, un duo de Valaisan est arrivé avec une cheville foulée dûe à une mauvaise réception au refuge des Bouquetins. 



Jour 3: Refuge des Bouquetins - Col Collon - Mont Brûlé (AR)

Après la longue journée de la veille, cette journée sera vite bouclée avec encore une superbe vue sur les montagnes environnantes, la Tête de Valpelline, la Tête Blanche, la Dent d'Hérens, la Dent Blanche, un bout du Cervin et les gigantesques glaciers environnants. Retour au pas de course jusqu'au refuge pour y passer la journée à lézardé au soleil et faire la sieste.

Jour 4: Refuge des Bouquetins - Col du Mont Brûlé - Col de valpelline - Tête Blanche - Cabane de Berthol 

Une nuit bien nuageuse a eu raison du regel et c'est avec une neige bien trempée et des nuages chargés que nous partons. Au pied du col, on s'apperçoit que l'on a oublié une des cordes et c'est notre pauvre Lolo qui se colle un allé-retour en sprint dans les pavés jusqu'au refuge. La montée au col du Mont Brûlé n'est pas très aisé à cause des pierres et de la pente. Attention aux chutes de pierre. La fin du col se termine par un couloir droit assez instable et plutôt raide. Une légère traversée plus à droite permet d'atteindre une petite arche sympathique pour basculer sur l'autre versant. S'en suit une courte descente avant la longue remontée en direction du col de valpelline. Avec le mauvais regel et la légère pluie les choix d'itinéraires n'étaient pas évidents afin d'éviter les crevasses. La présence des nuages au col et les conditions de neige nous feront abandonner l'idée d'aller jusqu'à la Tête de Valpelline. Avec l'absence de vue correcte, on passera également juste en dessous de la Tête Blanche avant de descendre en direction de la cabane Berthol. C'est avec un peu de regret que l'on a pu arriver avec un grand soleil sur le refuge alors que la Dent Blanche et le Cervin se dégageaient. Un bon casse croûte plus tard, le reste de l'après midi s'est égrainé au rythme des arrivées de groupe, de bain de soleil et de lecture.

Jour 5: Cabane Berthol - Arolla

Après des déboires de sac de soie avec deux groupes, c'est enfin une grasse matinée jusqu'au départ des derniers groupes. Une fois le petit déjeuné englouti, c'est une redescente tranquille via les cables et les derniers névés vers Arolla puis Grenoble pour que Lolo ne rate pas son train. C'est sur, ça doit faire bizarre d'être sur un glacier Suisse le matin et à Paris le soir même...

Une belle boucle, avec des paysages superbes et variés, passant du rocher à la neige ou à la glace. Quelques exercices de cordes, de beaux sommets, un sac trop petit, de bons gueuletons,... bref, c'était une bonne semaine! 

Crédit photos: Lolo et Tonio